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Jusqu au dernier La destruction des Juifs d Europe COMPLETE FRENCH 8 episodes MKV



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  • Jusqu au dernier  La destruction des Juifs d Europe COMPLETE FRENCH 8 episodes MKV
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  • Jusqu au dernier  La destruction des Juifs d Europe COMPLETE FRENCH 8 episodes MKV

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Posté: le 12 février 2015

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Descriptions


Soixante-dix ans après la libération du camp d’Auschwitz, notre film en huit volets sur la destruction des Juifs d’Europe a pour ambition d’explorer une histoire qui s’enracine avant même le début du XXe siècle et se déploie aujourd’hui encore. Avec une unique question : comment, et non pourquoi, la « Shoah » a-t-elle pu être pensée, mise en place et exécutée, en Allemagne, mais aussi dans tous les pays occupés par le Reich et les collaborationnistes ? Et un parti pris : recadrer le questionnement relatif à la Shoah dans une période où l’on voit simultanément les historiens approfondir leurs recherches et le discours public banaliser l’extermination des Juifs.

En raison de sa nature et de son ampleur, le génocide perpétré par le régime nazi contre les Juifs de 1933 à 1945 a profondément marqué l’histoire contemporaine. Notre film va raconter comment la « Solution finale » est née de la volonté qu’eurent des hommes de détruire jusqu’aux cadavres, à la langue et à la mémoire d’autres hommes. Ce génocide unique dans l’histoire par son caractère systématique fut l’oeuvre de toute une société moderne et industrielle, mobilisant l’ensemble des secteurs du régime et notamment les élites conservatrices, dont l’appui fut capital pour l’installation de la dictature nazie et l’accomplissement de ses forfaits.



La fin des illusions


Allemagne 1933. Adolf Hitler, à la tête du parti nazi, vient d’être nommé chancelier et s’apprête à diriger une République minée par la crise économique et l’inflation. Il s’appuie sur le culte de la personnalité édifié par la propagande de Joseph Goebbels qui diffuse les idées nazies, xénophobes et antisémites, qu’Hitler a affirmé dès la Première Guerre mondiale et réitéré dans Mein Kampf : les juifs, affirme-t-il, font partie d’une conspiration internationale contre l’Allemagne.
Il va utiliser la puissance de l’État allemand, devenu le IIIe Reich en 1934, pour exclure progressivement les 600 000 citoyens allemands de confession juive de la société, pour les forcer à émigrer, pour les anéantir.

Dès 1933, il leur est interdit d’exercer des métiers en contact avec le public : acteur, journaliste, musicien et bientôt professeur d’université. Goebbels fait brûler en place publique les auteurs que les nazis considèrent comme dégénérés dans un gigantesque autodafé en mai 1933. Comme les entreprises et les commerces juifs sont encore légaux, en avril 1933, Goebbels appelle au boycottage. C’est un échec. Mais dans l’opinion publique soumise à la propagande depuis deux ans, s’impose de plus en plus en plus l’idée que les juifs sont un groupe distinct de la société allemande et que la ségrégation imposée aux juifs est justifiée : ils n’ont plus leur place en Allemagne.

Alors que la violence physique devient systématique à partir de l’été 1935, que les exactions se multiplient dans la quasi-indifférence de la société allemande, dans les bureaux du ministère de l’Intérieur, des juristes nazis définissent qui est juif et donc qui il faut exclure de la société allemande.

Les lois de Nuremberg en septembre 1935 retirent notamment leur nationalité aux juifs allemands. Dès lors les services de sécurité, polices d’État et police politique du parti, toutes sous la direction de Himmler vont devenir les fers de lance de la politique antijuive du IIIe Reich. Reinhard Heydrich à la tête du SD, le service de renseignement de la SS, et son bras droit Adolf Eichmann, responsable de l’émigration des juifs, vont jouer un rôle central dans l’extermination des juifs d’Europe.

Le 12 mars 1938, le IIIe Reich annexe l’Autriche sans rencontrer la moindre opposition et sans la moindre réaction des démocraties occidentales. Eichmann met en place un bureau central pour pousser les 100 000 juifs autrichiens à émigrer en abandonnant tous leurs biens accaparés par le Reich. Moins d’un an après l’annexion, la moitié des juifs autrichiens auront quitté leur pays.

L’Autriche va servir de modèle à la spoliation et à l’émigration des juifs d’Allemagne. Mais les démocraties occidentales ne sont pas prêtes à accueillir les réfugiés et la conférence d’Evian, initiée en juillet 1938 par le président américain, Franklin Roosevelt, est un échec annoncé. La Suisse, pays frontalier et neutre, demande à ce que les passeports des juifs du Reich soient marqués d’un J, pour leur refuser l’entrée, de peur qu’ils ne s’installent sur le territoire helvétique.






Le piège


En 1938, le IIIe Reich qui vient d’annexer l’Autriche mène une politique d’expulsion systématique des juifs étrangers résidant sur son territoire. À l’automne, les juifs polonais bannis d’Allemagne sont refoulés par la Pologne. Herschel Grynszpan, réfugié à Paris, apprend la manière dont la famille est bloquée dans le no man’s land entre les deux pays et assassine le 3e secrétaire de l’ambassade du Reich en France. Les nazis s’en servent de prétexte pour lancer un pogrom.

Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938, les synagogues sont systématiquement incendiées, les magasins juifs pillés, saccagés, près de 30 000 juifs ont été arrêtés et conduits en camps de concentration, libérés peu après à la condition d’émigrer. C’est la nuit de cristal. Les responsables nazis, Göring n °2 du régime, Goebbels, le ministre de la Propagande, Heydrich, le chef du service de renseignement de la SS, décident que les juifs paieront les réparations, qu’ils auront aussi a payer une amende « expiatoire » d’un milliard de Reichmarks et que les indemnisations des assurances destinées aux propriétaires juifs seront confisquées par l’État nazi. Le jour même, Göring fait paraitre un décret qui exclut les juifs de toute activité économique. Au 1er janvier 1939, il n’y a plus d’entreprises juives sur le territoire du Reich. Alors que l’Allemagne est sortie de la crise économique, elle s’apprête à entrer en guerre.

La France et la Grande-Bretagne ont cru repousser son spectre lors de la conférence de Munich en accordant à Hitler les Sudètes, en violation de leur alliance avec la Tchécoslovaquie, mais l’Allemagne continue de se réarmer. La situation des juifs allemands empire : mis au ban de la société allemande, diabolisés par le régime, ils sont désignés comme l’ennemi intérieur sans avoir plus désormais la possibilité de quitter le territoire. L’invasion de la Pologne par le Reich, le 1er septembre 1939, entraîne l’Europe dans la Seconde Guerre mondiale.

La Pologne sous contrôle nazi est pour partie intégrée au Reich et pour partie transformée en « gouvernement général » dirigé par Hans Frank. Dans le gouvernement général, les Einsaztgruppen, des commandos mobiles de tuerie, déciment l’élite intellectuelle polonaise, terrorisent les populations juives qui fuient vers l’Est et tentent de passer en URSS. Le régime nazi décide aussi de déplacer des populations allemandes pour les installer dans le sud du gouvernement général. L’opération organisée par Heinrich Himmler est un échec, mais la Pologne fait figure de laboratoire de la Solution finale.

Les nazis rassemblent les juifs polonais dans des ghettos, les forçant à déménager et à abandonner leur travail s’il est à l’extérieur du ghetto. Varsovie devient le plus grand ghetto d’Europe, un tiers de la population de la ville est concentrée sur 5 % du territoire de la ville. La contrebande y est généralisée, jusqu’à la nourriture. Pour survivre, le ghetto se met à travailler pour l’extérieur. Mais les enfants, les malades, les vieillards, ceux que le régime considère comme « improductifs » n’ont pas droit aux tickets de rationnement. Le processus d’exclusion et de concentration s’accompagne désormais d’un affamement organisé.







Au coeur de la nuit

En juin 1940, l’Allemagne nazie après avoir attaqué la Norvège et le Danemark, avoir conquis la Belgique et les Pays Bas, franchit la ligne Maginot et occupe Paris. La France est coupée en deux : au nord de la ligne de démarcation la zone sous occupation allemande, au sud la zone dirigée par le maréchal Pétain, dont le gouvernement siège à Vichy. Le régime de Vichy va très rapidement, dès octobre 1940 et sans pression allemande, établir un premier statut des juifs.

Dès les premières lois, les préfets de la zone sud ont le droit d’enfermer les juifs étrangers et les réfugiés juifs dans des camps où le régime nazi déporte les juifs de Rhénanie et de Westphalie. Le ministère allemand des Affaires étrangères avait d’abord envisagé de déporter les juifs allemands à Madagascar et Heydrich avait chargé Eichmann de lui proposer un plan qui avait été rapidement abandonné.

Avec la défaite française, la propagande nazie où les juifs sont assimilés à des rats est diffusée dans toutes les salles de cinéma du continent, de la Pologne à la Manche, de la Norvège à l’Italie. L’Angleterre de Winston Churchill résiste toujours. Pour le IIIe Reich, les territoires à conquérir se situent à l’est, en URSS dont il est l’allié depuis le pacte Ribbentrop-Molotov de 1939. Selon les plans de l’état-major, Moscou tomberait en quelques semaines et les juifs seraient déportés en Sibérie. Pour Hitler, c’est une guerre idéologique.

Le 21 juin 1941, les armées allemandes entrent sur le territoire soviétique, depuis les pays baltes jusqu’à l’Ukraine. Les pogroms se multiplient comme à Kaunas en juillet 1941. Et les Einsatzgruppen, les commandos mobiles de tueries qui avaient en 1939 éliminé l’élite polonaise, sont chargés de traquer les juifs et les communistes à l’arrière de la Wehrmacht qui avance de manière fulgurante. Ils quadrillent les territoires qui tombent sous la botte des nazis sur toute la longueur du front et fusillent les hommes juifs entre 16 et 40 ans. Ils bénéficient du soutien de l’armée, de l’administration militaire et de l’administration civile dans les zones occupées.

À partir d’août 1941, les femmes et les enfants juifs tombent aussi sous les balles des Einsatzgruppen et des collaborateurs locaux. Les 29 et 30 septembre 1941, ils fusillent méthodiquement 33 000 hommes, femmes et enfants juifs dans le ravin de Babi Yar près de Kiev.








La mort en face

Dès l’automne 1941, trois mois après l’invasion de l’URSS par la Wehrmacht, les plus hauts responsables des forces alliées sont au courant que les juifs d’Europe de l’Est sont en train de disparaitre dans les fusillades de masse. Mais ils ne réagissent pas.

Au même moment, commence la déportation des juifs d’Allemagne et d’Autriche. Craignant des protestations, les autorités nazies dirigent les convois vers Lodz, Riga ou Minsk pour qu’ils soient plus difficiles à tracer. À leur arrivée, certains déportés sont exécutés d’autres enfermés dans les ghettos. Himmler réfléchit à d’autres méthodes d’exécution que les fusillades de masse, plus rapides et moins éprouvantes pour les Einsatzgruppen.

À la fin de 1941, les nazis commencent à utiliser des camions à gaz, comme ceux qu’ils avaient utilisés dans le cadre du programme T4 pour éliminer les malades mentaux, considérés comme une menace contre « la race allemande ». Le programme avait été arrêté en août 1941, suite aux plaintes de l’Église catholique, mais le personnel est transféré sur le front de l’Est et notamment à Lublin, sous le commandement d’Odilo Globocnik le chef supérieur des SS et de la police du district. Il a pour mission d’exterminer les deux millions de Juifs du gouvernement général de Pologne, qui sera plus tard rebaptisée « Aktion Reinhardt ».

C’est un tournant dans la Shoah. Désormais et grâce au chemin de fer, ce sont les victimes qui sont mobiles et les centres d’assassinat qui sont immobilisés.

Globocnik envoie le personnel du programme T4 au camp d’extermination de Belzec qui vient d’être construit sur une voie ferrée entre Lublin et Lvov. Suivront Sobibor près de Lublin, Treblinka proche de Varsovie, Chelmno dans les environs de Lodz : les camps d’extermination sont dans le voisinage immédiat des grands ghettos. Et dans chaque camp, une équipe allemande issue pour la plupart des équipes du programme T4, était assistée d’une centaine d’Ukrainiens volontaires et formés dans le camp de Trawniki, près de Lublin.

Le 8 décembre 1941, ils commencent à utiliser du gaz pour exterminer les juifs déportés à Chelmno. La veille, les États-Unis sont entrés dans la Seconde Guerre mondiale, après le bombardement par les Japonais de la base navale de Pearl Harbor. Entre le 12 et le 18 décembre, Hitler décide d’exterminer tous les juifs d’Europe.

Quelques semaines plus tard, à Wannsee, les responsables de l’administration qui participent à la Solution finale assurent Heydrich de leur collaboration. Eichmann est chargé de la coordination des déportations vers les camps de la mort.

Le camp d’Auschwitz est intégré à la Solution finale en raison de ses liaisons ferroviaires aussi bien avec l’Europe de l’Ouest qu’avec la Hongrie. On y construit donc un camp d’extermination, Auschwitz-Birkenau, qui comporte des chambres à gaz et des fours crématoires, en plus du centre de prisonniers et des camps de travail de Buna-Monowitz. C’est à Auschwitz que seront exterminés la plupart des Juifs français, néerlandais et belges, et la quasi-totalité des juifs de Hongrie.







La solution finale

Dans le ghetto de Varsovie, Emmanuel Ringelblum et les autres membres d’Oyneg Shabbat collectent tout ce qui permet de raconter la vie dans le ghetto, des articles de journaux, des textes érudits, mais aussi des billets de concert, des dessins d’enfants. Lorsqu’ils apprennent la mort à Chelmno des Juifs des villes proches et du ghetto de Lodz à la fin de 1941, ils prennent conscience que les nazis et leurs auxiliaires locaux ont lancé une opération d’anéantissement.

À la mi-mars 1942, c’est le ghetto de Lublin qui est liquidé. Ceux que les SS jugent « inaptes au transport », les malades, les enfants, sont tués dans le ghetto, les autres embarqués avec violence vers les gares. Tous les biens laissés dans le ghetto sont récupérés par les nazis, ceux que les déportés emportent confisqués à leur arrivée au camp où ils doivent se déshabiller. L’argent saisi est versé sur un compte de la banque de Lublin qui sert à financer les opérations de déportation et d’extermination, à payer les chemins de fer allemands.

Ceux qui survivent au voyage dans les convois à bestiaux sont expulsés des wagons puis conduits au vestiaire et dans les chambres à gaz, où ils sont asphyxiés par des gaz comme le zyklon B en moins d’une demi-heure, pendant que ceux qui sont incapables de marcher sont traînés dans les fosses pour y être tués. Après Belzec, les camps d’extermination de Sobibor et de Treblinka sont mis en service. Dès lors, la liquidation des ghettos est systématique.

Le 17 mai 1942, Reinhard Heydrich le chef des services de sécurité du Reich et organisateur de la Solution finale est mortellement blessé dans un attentat à Prague. Pour Hitler et Himmler, il faut accélérer et radicaliser le processus d’anéantissement.

Le 16 juillet 1942, à Paris, 12 884 juifs étrangers et français sont arrêtés et conduit au Vélodrome d’Hiver. Suite à un accord passé avec les Allemands, ce sont les policiers français qui procèdent aux rafles. Sur l’insistance de Pierre Laval, le chef du gouvernement de Vichy, les personnes âgées et les enfants sont raflés et déportés.

La propagande officielle continue d’affirmer qu’il s’agit de contribuer à la création de colonies agricoles à l’est. Mais les rumeurs circulent et les gens commencent à cacher des enfants pour les soustraire aux déportations qui se poursuivront jusqu’en novembre 1944. Au total, 40 % des juifs étrangers en France et 24 000 juifs français ont été déportés.

Goebbels poursuit son oeuvre de propagande. Dans un ghetto de Varsovie exsangue, dévasté par le typhus et la faim, des cameramen obligent les habitants à se prêter à des mises en scène montrant l’exploitation des juifs par d’autres juifs nantis. Un mois plus tard, entre juillet et septembre 1942, le ghetto de Varsovie est vidé brutalement par les nazis. 265 000 personnes sont déportées à Treblinka et 35 000 tuées dans le ghetto.

Après les rafles de l’été 1942, l’équipe de Ringelblum continue de collecter tous les documents possibles. Tous se mettent à écrire, à dessiner, pour laisser une trace, pour écrire l’histoire de l’anéantissement du ghetto. Pour être certain que les nazis ne les saisiront pas, ils placent tous les documents dans des bidons de lait, dans des boîtes en fer et les enterrent dans les rues de Varsovie.









Les disparus


À l’été 1942, les déportations sont systématiques dans toute l’Europe occupée par les nazis. Les convois qui arrivent à Auschwitz-Birkenau viennent de Pologne, mais aussi d’Europe de l’Ouest, et du Sud. Hitler ordonne que tous les juifs polonais soient tués avant décembre 1942. Les déportations s’accélèrent à nouveau et les enfants du ghetto de Lodz sont déportés début septembre. Les camps d’extermination doivent être réorganisés pour exterminer plus vite un plus grand nombre de personnes.

Les États-Unis se refusent à publier un communiqué officiel pour dénoncer l’extermination des juifs d’Europe alors qu’ils sont bien informés par des rapports clandestins, alertés par des télégrammes.
La nouvelle de la victoire soviétique à Stalingrad parvient jusque dans le Ghetto de Varsovie où survivent encore 50 000 personnes, de jeunes hommes et femmes, ceux que les nazis considèrent comme “ productifs “. Le cours de la guerre est en train de pencher en faveur des Alliés et les armées du IIIe Reich reculent. Pour les survivants du ghetto, il n’y a plus rien à perdre. En avril 1943, le ghetto se soulève. En août puis en octobre 1943, ce sont les détenus de Treblinka et Sobibor qui se révoltent.

Mais Himmler ordonne aux unités spéciales de l’opération 1005 chargées d’effacer depuis 1942 toute trace des fusillades de masses qui accompagnèrent l’opération Barbarossa à partir de l’été 1941 d’effacer toute trace du génocide dans les camps d’extermination.

Au matin du 3 novembre 1943, la liquidation du camp de Majdanek a commencé : les Juifs sont abattus dans des fosses. À la nuit, 18 000 personnes ont péri. Les corps sont brûlés sur des bûchers qui mettent deux mois à se consumer. Dans tous les camps d’extermination, les hommes de l’opération 1005 déterrent les corps, dressent des bûchers, pilonnent les cendres pour qu’aucune trace ne subsiste. Les chambres à gaz, les fours crématoires et les baraques sont détruits.

Les Alliés accentuent leur avance et la Hongrie songe à changer de camp et à les rejoindre. En mars 1944, la Wehrmacht occupe le pays, la déportation des 437 000 juifs hongrois vers Auschwitz commence quelques semaines après. La demande de bombarder le camp d’extermination ou au moins les ponts qui y mènent, arrive jusqu’aux Anglais et aux Américains, en vain.

Devant l’étau qui se resserre sur le régime nazi, pris entre l’armée rouge à l’est et les Anglo-américains qui ont débarqué en Normandie en juin 1944, de nombreux camps sont évacués d’août à novembre, dans un chaos et une violence indescriptible. Lorsque l’armée rouge arrive à Auschwitz, Treblinka et Majdanek, les camps ont cessé de fonctionner et sont quasiment vides, seuls les déportés trop faibles pour avoir été “évacués” sont encore là. Les déportés d’Auschwitz sont transportés à Bergen Belsen, Mauthasen, Buchenwald.

Pour certains dignitaires nazis comme Himmler, le salut passe par la négociation d’une capitulation, mais la tentative tourne court. Hitler puis Goebbels se suicident alors que l’armée rouge entre dans Berlin. Le 8 mai, c’est la capitulation sans condition et la fin du IIIe Reich. Himmler est capturé à la fin du mois de mai par les Anglais et se suicide lui aussi.

Avec la fin de la Seconde Guerre mondiale, les alliés commencent à organiser le retour des prisonniers de guerre et des déportés. Ils sont moins d’un millier à avoir survécu aux camps d’extermination de Chelmo, Treblinka, Belzec, Sobibor sur 1 million 850 000 déportés. Ceux qui reviennent ont le sentiment d’être les derniers Juifs. Hitler, en 6 ans de guerre et 12 ans de pouvoir, avait détruit la quasi-totalité des juifs d’Europe.







Autopsie d'un meurtre


Le 20 novembre 1945, le procès des hauts responsables du IIIe Reich, dont Göring, s’ouvre à Nuremberg, la ville où avait été rendues publiques les lois anti-juives de 1935. Un an plus tard, le tribunal militaire international condamne à mort 12 des accusés et sept à des peines de prison. Tout au long des auditions, il n’a été que très peu question de la Shoah, quelques témoins juifs ont été appelés à témoigner et seul Hans Frank, le gouverneur général de Pologne, reconnaît les persécutions dont les juifs ont été victimes. Mais pour la France, l’Angleterre et l’Allemagne d’après-guerre, il n’est pas souhaitable d’organiser d’autres procès.

Ce sont les autorités américaines qui vont traduire en justice les hauts magistrats, les médecins, les diplomates, impliqués dans la Shoah. Un jeune juriste de 27 ans, Ben Ferencz, est chargé de trouver les documents qui permettront de soutenir l’accusation dans les 12 nouveaux procès alors que les nazis ont largement détruit leurs archives à la fin de la guerre.

Il finit par trouver des centaines de documents entreposés dans une petite maison dans la forêt de Dahlem, près de la frontière belge, et notamment 4 cahiers regroupant des rapports du front de l’est. Il s’agit du compte rendu minutieux des fusillades de masse et des massacres perpétrés contre les Juifs de l’Ukraine aux pays baltes, entre 1941 et 1944, par les Einsatzgruppen, les unités mobiles de tuerie. Ferencz arrive à convaincre ses supérieurs d’organiser un procès dont il va être le procureur général.

Il met en accusation pour crime de guerre et crime contre l’humanité 24 responsables, bien conscient que c’est une goutte d’eau face au nombre des meurtriers de masse. Pas un des accusés ne reconnait sa culpabilité, n’éprouve de remord, tous se réfugient derrière l’obéissance aux ordres. Le 10 avril 1948, le tribunal prononce 14 peines de mort. Mais ce premier procès consacré uniquement au génocide passe totalement inaperçu.

Vont aussi être mis en accusation les médecins ayant procédés des expérimentations médicales sur les déportés, les dirigeants d’IG Farben, soutien sans faille des nazis et leader de l’industrie chimique allemande, producteur notamment du zyklon B, le gaz utilisé dans les camps de la mort et dont les usines avaient utilisé comme main d’oeuvre les juifs déportés.

Mais la dénazification en cours se heurte à la guerre froide naissante et à la reconstruction allemande. Pour rebâtir une administration, un système universitaire, rendre l’institution judiciaire à nouveau opérationnelle, on s’adresse à des hommes d’expérience, issus de l’administration du IIIe Reich. Beaucoup de nazis sont passés entre les mailles du filet et si IG Farben a fini par indemniser les familles des déportés et des travailleurs forcés, c’était pour tirer un trait sur la période. Les compagnies d’assurances ont, elles aussi, été plus que réticentes à indemniser les survivants qui doivent aussi reconstruire leur vie et retrouver un endroit où habiter.

En Pologne, le retour des survivants ne va pas de soi. Une infime minorité a fait ce choix dans les mois qui ont suivi leur libération. Ils trouvent leurs appartements occupés et se regroupent dans les grandes villes du pays. Jusqu’au pogrom de Kielce. En juillet 1946, suite à des rumeurs sur l’enlèvement d’enfants chrétiens par d’anciens déportés, 40 juifs sont tués durant la journée du 4 juillet.

La moitié des juifs qui ont survécu quittent la Pologne dans les trois mois qui suivent. Le gouvernement polonais transforme le camp d’Auschwitz en lieu de commémoration à la mémoire des victimes polonaises de la Seconde Guerre mondiale.







La diaspora des cendres

Les rescapés des camps qui arrivent en Israël sont murés dans le silence d’une société qui ne les reconnait pas. Les écrivains David Grossman, Aaron Appelfeld, le journaliste Tom Seguev, les historiens Yitzhak Arad ou David Silberklang plongent dans leurs souvenirs pour rendre compte de l’arrivée des survivants, de leur difficile insertion dans la société israélienne jusqu’au procès d’Aldolf Eichmann en 1961.

L’ancien spécialiste du régime nazi en matière d’émigration des juifs, le coordinateur de leur extermination, est repéré en Argentine où il a fui après la Seconde Guerre mondiale, où il s’est installé confortablement dans la communauté allemande de Buenos Aires. Il est capturé par le Mossad qui le ramène en Israël pour y être jugé. Son apparition dans la salle d’audience à Jérusalem est un choc : chauve, en costume terne, il a l’air d’un bureaucrate effacé et vieillissant.

C’est cette image que fige la philosophe Anna Arendt venue couvrir le procès pour le New Yorker. Elle assiste à une semaine d’audience alors que le procès dure un an et ne voit pas la véritable personnalité d’Eichmann, nazi convaincu, hautain, autoritaire et violent. Face à la cage de verre qui sert de box, les déportés sont appelés à la barre pour témoigner longuement. Pour la première fois, ils peuvent parler de ce qui est arrivé. Pour la première fois, ils sont écoutés.

Simon Wiesenthal et les époux Klarsfeld s’engagent dans la recherche des criminels nazis pour qu’ils soient traduits en justice, comme les responsables et les gardiens du camp d’extermination de Treblinka, en 1964 à Düsseldorf, comme Klaus Barbie en 1987 à Paris que les époux Klarsfeld avaient identifié dès 1971 en Bolivie.

Tandis qu’en juillet 2002, le centre Simon Wiesenthal lance l’opération “ Dernière chance “ pour trouver les derniers criminels nazis encore en vie, la politique mémorielle tente de préserver le souvenir, la culture, les fantômes de ceux qui ont disparu, mais se traduit aussi par des circuits touristiques : où commencent la commémoration, la mémoire et l’attraction ?

Face à la disparition des survivants, c’est sans doute la littérature qui est le meilleur moyen de conserver leur mémoire, confie l’écrivain AB Yeoshua. D’autant que deux phénomènes mettent en péril l’appréhension du génocide : l’impression de saturation et la banalisation des termes qui feraient oublier son horreur absolue.

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1 Commentaires


NonIdentifie (324) le 14 février 2015       0



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